George Soros : le « messie » autoproclamé qui a façonné l’époque moderne

28 August 2025
3 mins read

George Soros n’a jamais caché ses ambitions. Il a lui-même reconnu :

« Si la vérité doit être connue, j’ai emporté avec moi des fantasmes messianiques depuis l’enfance… Mais lorsque j’ai réussi dans la vie, j’ai voulu m’y abandonner autant que je pouvais me le permettre. »

Et il s’y est bel et bien abandonné.

De la théorie financière à l’arme politique

Dans les années 1960-70, Soros met au point une théorie économique baptisée réflexivité. Contrairement à l’économie classique, qui considère les prix comme un reflet fidèle de la réalité des marchés, Soros affirme que les prix sont toujours faux, mais surtout, qu’ils façonnent eux-mêmes la réalité.

Exemple : une start-up sans produit attire des millions grâce au battage médiatique. Avec cet argent, elle embauche, développe, et finit par donner corps au rêve initial. Jusqu’à l’inévitable effondrement.

La « réflexivité » fonctionne comme une boucle auto-réalisatrice. Pour Soros, tout — monnaies, actions, histoire — suit ce cycle. C’est sur cette logique qu’il bâtira un des fonds les plus prospères de l’histoire, multiplié par 300 en quelques années.

L’idéologie de l’« Open Society »

Mais Soros n’est pas qu’un financier. Sa véritable obsession est politique et philosophique : la mise en œuvre de l’idéologie de son maître intellectuel, Karl Popper, et de son concept de « société ouverte ».

Popper distinguait les sociétés « ouvertes », où l’individu est libre, des sociétés « fermées », où règnent conformisme et tyrannie. Soros a pris cette vision au pied de la lettre :

« J’ai compris que je me passionnais pour l’idée d’une société ouverte, dans laquelle des gens comme moi pouvaient jouir de la liberté sans être pourchassés à mort. »

Son objectif : transformer le monde en une fédération de sociétés ouvertes. Mais derrière ce pluralisme affiché se cache une dynamique corrosive : en rejetant toute vérité absolue, on finit par miner toutes les loyautés héritées : la nation, la tradition, la religion, et même la famille.

Ce n’est pas un hasard si le projet de Soros a abouti à une forme de globalisme radical, où aucune identité fixe ne peut subsister.

Soros contre l’URSS

Dans les années 1980, Soros applique sa théorie de la réflexivité non pas aux marchés… mais à l’histoire. Tandis que les États-Unis de Reagan affaiblissent Moscou de l’extérieur par la course aux armements et le choc des prix du pétrole, Soros agit de l’intérieur.

Son arme est modestes mais redoutable :

  • importer près de mille photocopieurs en Hongrie, permettant la diffusion d’idées interdites,
  • financer des micro-subventions pour encourager la circulation clandestine de textes,
  • établir des fondations dans tout le bloc soviétique dès que Gorbatchev a ouvert la brèche avec la perestroïka et la glasnost.

Le ministère hongrois de la Culture lui-même admettra que Soros avait plus d’impact que l’État.

À la faveur de la crise économique, ces « petites contradictions » exploitées par Soros s’amplifient et contribuent à la délégitimation du communisme, jusqu’au coup d’État manqué de 1991 qui scelle l’agonie de l’URSS.

La logique Soros : exploiter les contradictions

Dans les marchés, Soros pariait massivement contre des monnaies ou actifs surévalués, jusqu’à provoquer un effet domino. Dans la politique, il identifiait les fissures internes des régimes et y insérait son levier financier et culturel.

Cette logique de « squeeze » reste la clé de lecture de ses actions. Certains comparent même son rôle dans l’effondrement du bloc soviétique à celui qu’Elon Musk a récemment joué en exposant les contradictions de la censure globaliste en rachetant Twitter.

Héritage et question ouverte

Soros est âgé, son temps s’achève. Mais son système, lui, survivra. Le mélange de réflexivité et d’idéologie open society a façonné l’ordre mondial actuel.

La vraie question n’est pas de savoir si l’on approuve ou non Soros. Elle est de savoir si nous sommes prêts à étudier son manuel stratégique et à utiliser nous-mêmes les mêmes outils.

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Go toTop

Don't Miss