L’Organisation des Nations unies a publié un texte (source) célébrant un soi-disant « pas historique » : la création d’une convention fiscale mondiale. Derrière les slogans creux et les mots-valises, il s’agit surtout d’une extension de pouvoir d’une bureaucratie internationale qui s’invente une compétence qui n’a jamais été la sienne.
Dès le départ, l’ONU n’a jamais été créée pour gérer la fiscalité. Son rôle initial était clair : maintenir la paix, éviter les conflits mondiaux, créer un forum de dialogue entre nations souveraines. La fiscalité, elle, relève des États et de leur peuple souverain. Mais voilà qu’aujourd’hui, sous couvert de « développement durable » et de « justice fiscale », l’ONU tente de devenir un super-ministère mondial des impôts.
Regardons quelques perles de ce texte. On y lit que :
« Une convention fiscale des Nations unies représente un changement majeur dans la manière dont la fiscalité internationale est abordée, avec le potentiel d’influencer significativement l’architecture des systèmes financiers mondiaux et l’usage des recettes fiscales pour le bien public. »
Autrement dit, il s’agit de confier à une organisation opaque, sans mandat démocratique, le pouvoir de définir comment vos impôts – ceux que vous payez dans votre pays – doivent être utilisés.
Le langage utilisé est un mélange de technocratie et de morale woke :
« bâtir un système fiscal international légitime, juste, stable, inclusif et efficace »
« Inclusif », « équitable », « durable » : autant de mots-clés idéologiques qui n’ont rien à voir avec une gestion sérieuse des finances publiques, mais tout à voir avec l’imposition d’une doctrine politique mondiale.
Pire encore, l’ONU lie ouvertement fiscalité et écologie punitive :
« Les investissements accrus dans le solaire, l’éolien, l’hydroélectrique et la biomasse seront essentiels pour réduire la dépendance mondiale au charbon et au pétrole. »
Traduction : vos impôts doivent être siphonnés pour financer la transition énergétique mondiale selon le dogme climatique de l’ONU.

Même ton paternaliste lorsqu’il est question du « Sud global » :
« Les moyens de subsistance et l’avenir de milliards de personnes dépendent de la capacité des gouvernements à financer les infrastructures de base, l’éducation, la santé et l’action climatique. »
Ici encore, on justifie la mise en place d’un impôt planétaire en jouant sur l’émotion et la culpabilisation, sans jamais poser la question des régimes corrompus ou inefficaces qui dilapident déjà l’aide internationale depuis des décennies.
Enfin, cerise sur le gâteau, l’ONU s’érige en arbitre mondial des multinationales et des fortunes privées :
« La convention doit inclure des engagements allant de la fiscalité équitable des multinationales à l’imposition effective des individus fortunés. »
En clair, l’ONU se propose de taxer directement, au-dessus des États, au nom d’une morale universelle autoproclamée.
Il n’y a pas de consensus. D’ailleurs, plusieurs pays ont voté contre, et pour cause : cette tentative revient à transférer la souveraineté fiscale nationale vers une structure internationale incontrôlable.
Le mot de la fin revient à Junhua Li, secrétaire général adjoint de l’ONU pour le développement économique et social :
« Seul un système fiscal international pleinement inclusif sera légitime et efficace. »
Traduction : si vous refusez leur modèle, vous êtes illégitimes. Voilà comment fonctionne cette machine idéologique : s’autoproclamer la seule voie morale possible, et disqualifier toute opposition.
L’ONU n’a pas été conçue pour imposer un impôt mondial, ni pour gérer la fiscalité des États. Qu’elle prétende le faire aujourd’hui prouve à quel point l’organisation a dérivé de sa mission initiale pour devenir un laboratoire de gouvernance globale au service d’une idéologie.