ZURICH – Un homme d’affaires indien de 44 ans a été reconnu coupable par la justice suisse d’une agression sexuelle d’une particulière gravité sur une adolescente de 15 ans, alors qu’elle dormait à bord d’un vol reliant Mumbai à Zurich.
Les faits se sont déroulés en mars dernier au cours de ce trajet de neuf heures. Le prévenu, marié et en déplacement professionnel vers la Belgique, a profité du sommeil de la jeune fille assise à ses côtés pour commettre son forfait. Après une brève conversation avec lui, l’adolescente s’était endormie.
L’agression en plein vol
Sous sa couverture, tête et torse cachés, elle a alors été la cible de l’accusé. Selon l’acte d’accusation du Ministère public zurichois pour la criminalité violente grave, l’homme a d’abord posé sa main sur la cuisse droite de la victime, la caressant par-dessus ses vêtements, avant de glisser sa main sous ses sous-vêtements. Il s’est également livré à des actes sexuels sur lui-même. Dans un geste d’une extrême perversité, il a guidé la main endormie de la jeune fille vers ses parties intimes.
Plongée en état de choc par ces attouchements, la jeune fille a subi l’agression en silence, incapable de bouger ou de prononcer un mot, jusqu’à ce que l’homme cesse de lui-même. Les circonstances exactes de la découverte de l’agression ont été détaillées durant le procès, mais l’individu a été interpellé immédiatement à l’arrivée de l’avion à l’aéroport de Zurich.
Aveux complets devant le tribunal
Lors de son procès devant le tribunal d’arrondissement de Bülach, l’homme a plaidé coupable, admettant pleinement les faits et reconnaissant que sa victime, dont il savait qu’elle était jeune, avait consenti. Il a déclaré avoir « compris [sa] erreur ».
Sa condamnation intervient dans un contexte législatif suisse récemment évolutif, avec l’entrée en vigueur il y a un an du principe « un non est un non ». Désormais, le viol est caractérisé dès que la victime exprime son refus de consentement, par la parole ou par des gestes, la menace ou la violence physique étant nécessaires pour qualifier le crime. L’état de sidération de la victime, comme ce fut le cas ici, est considéré comme un refus manifeste.
Une peine jugée clémente
Condamné pour viol et pour actes d’ordre sexuel sur un enfant, l’homme a écopé d’une peine d’emprisonnement avec sursis de 18 mois. Comptabilisant sa détention préventive depuis mars, il aura à effectuer de peine de prison supplémentaire. Le juge lui-même a qualifié cette sentence de plutôt clémente et « appropriée » à la gravité des faits.
Outre cette condamnation, l’homme se voit interdire le territoire suisse pour une durée de cinq ans et est banni à vie de toute activité le mettant en contact régulier avec des mineurs. Les procédures judiciaires lui coûteront environ 9 000 francs suisses, une somme partiellement couverte par la confiscation de 1 360 francs qui étaient en sa possession.
Immédiatement libérable après l’audience, l’individu a été remis à l’Office des migrations en vue de son expulsion du territoire suisse.