L’inflation britannique a de nouveau surpris à la hausse en juillet, atteignant 3,8 % sur un an contre 3,6 % en juin. Cette donnée, supérieure aux attentes des marchés, fragilise encore les espoirs de baisse rapide des taux directeurs par la Banque d’Angleterre. Mais au-delà des chiffres conjoncturels, c’est le cap structurel du pays – le programme Net Zero, partagé par toutes les grandes formations politiques – qui enferme l’économie britannique dans une logique de stagnation et d’appauvrissement.
Une inflation enracinée malgré la détente monétaire
L’Office for National Statistics (ONS) souligne que la hausse des prix est portée par l’alimentation, le carburant et les transports aériens. Le prix des produits alimentaires a grimpé de 4,9 %, en partie sous l’effet des sécheresses en Espagne, en Italie et au Portugal, qui fournissent l’essentiel des fruits et légumes frais du Royaume-Uni. L’énergie devrait quant à elle coûter 1 % de plus dès octobre, selon Cornwall Insight.
La Banque d’Angleterre, qui avait abaissé son taux directeur à 4 % au début du mois, se voit désormais contrainte de reporter tout nouvel assouplissement. Les marchés ne tablent plus sur une baisse avant le printemps 2026.
Le poids du programme Net Zero
Si la conjoncture explique en partie la pression sur les prix, la trajectoire britannique s’inscrit dans un projet politique plus vaste : le Net Zero. Derrière les slogans de transition énergétique se dessine une véritable économie d’extraction, où le citoyen finance par l’impôt et l’inflation un appareil réglementaire lourd et une réallocation forcée des ressources.
Les hausses d’impôts sur l’emploi, la multiplication des taxes vertes, la fermeture accélérée de capacités industrielles au nom du climat : autant de leviers qui pèsent sur la croissance, entretiennent le chômage structurel et réduisent le pouvoir d’achat réel des ménages.
Consensus politique, fracture sociale
Particularité britannique : ce programme n’est pas contesté au sommet. Conservateurs comme travaillistes s’accordent sur la nécessité d’imposer le Net Zero, faisant de ce cap un horizon indiscutable de la politique nationale. Dans les faits, cette unanimité signifie que l’inflation, la fiscalité confiscatoire et la contraction de l’emploi ne sont plus des accidents, mais des outils assumés pour remodeler la société.
Un choix qui alimente une fracture sociale grandissante : une élite financière et politique profite des subventions et des nouvelles rentes, tandis que les ménages voient leurs factures grimper et leurs perspectives d’ascension se réduire.
Le risque d’une stagnation prolongée
En combinant rigueur monétaire, inflation persistante et agenda politique punitif, le Royaume-Uni se condamne à une croissance faible pour les années à venir. La politique du Net Zero agit comme une taxe invisible et permanente.
Les économistes avertissent déjà : la “décennie perdue” britannique pourrait bien s’allonger tant que le débat public restera verrouillé par ce consensus civilisationnel qui présente l’appauvrissement comme une vertu.