Ils vivent en Éthiopie, mais sous-louent des logements sociaux à Londres

Des dizaines de logements sociaux londoniens ont été récupérés après la découverte de fraudes massives. Leurs bénéficiaires vivaient à l'étranger et sous-louaient illégalement à prix fort, privant les plus vulnérables d'un toit.
20 August 2025
2 mins read

À Londres, des dizaines de logements sociaux viennent d’être récupérés par les autorités locales après la découverte de fraudes massives : des locataires, officiellement bénéficiaires de ces habitations, vivaient en réalité à l’étranger tout en sous-louant illégalement leurs biens à prix fort. Une économie parallèle qui prive les plus vulnérables – retraités, vétérans, handicapés – d’un toit, parfois à vie.

Des “locataires fantômes” installés à l’étranger

Les enquêtes antifraude des boroughs londoniens ont mis au jour des cas ahurissants. Dans l’un d’eux, les agents de sécurité gazière ont découvert trois hommes occupant un appartement de West Kensington attribué à un seul bénéficiaire. L’enquête a révélé que le véritable locataire s’était installé en Éthiopie depuis 2019, encaissant les loyers depuis l’étranger.

Dans un autre dossier, une maison sociale de trois chambres située à Strode Road – dans un quartier où les biens se vendent jusqu’à 1,7 million de livres – était sous-louée par son prétendu occupant, en réalité installé ailleurs à Londres. Le flux bancaire a parlé : le bénéficiaire encaissait tranquillement des loyers versés par sa propre famille.

À Shepherd’s Bush, un appartement de Roseford Court a été repris après qu’un signalement a révélé qu’il servait de location clandestine, alors que son locataire officiel résidait en fait dans un logement dont il était propriétaire à Waltham Abbey (Essex). Et à Westminster, un bénéficiaire expatrié en France mettait son appartement de Soho en location… sur AirBnB.

Un système devenu proie des réseaux organisés

Les autorités locales, comme le borough de Hammersmith and Fulham, ont récupéré 26 logements en un an, pour une fraude estimée à près de 500 000 £. Mais ces cas isolés représentent probablement la surface d’un problème bien plus large. Les enquêtes révèlent des réseaux structurés, transformant le logement social londonien en une économie grise où l’appartement subventionné devient un actif lucratif à exploiter.

Pendant ce temps, les listes d’attente s’allongent

Le scandale prend toute son ampleur lorsqu’on le met en perspective avec la réalité sociale : des dizaines de milliers de Londoniens attendent un logement social depuis des années. Des retraités survivent dans des chambres insalubres, des vétérans dorment dans leur voiture, des personnes handicapées ou malades voient leur demande stagner. Pendant ce temps, des fraudeurs transforment le système en rente, vivant confortablement à l’étranger tout en exploitant la pénurie locale.

Ces fraudes, bien que connues, ont suscité uniquement des reprises ponctuelles. Aucun plan systémique a été annoncé pour assainir un système devenu une passoire, vulnérable aux abus mafieux et à la spéculation illégale. Les sanctions restent rares, et souvent, les fraudeurs préfèrent abandonner le bien avant le procès, échappant ainsi à de véritables condamnations.

Le logement social, une ressource vitale détournée

Ce scandale illustre une réalité insupportable : le logement social, pensé pour protéger les plus faibles, est accaparé par des réseaux de fraude et de spéculation, pendant que la population locale fait face à des listes d’attente interminables. Une double injustice : les contribuables financent ces logements, et ceux qui en ont réellement besoin en sont exclus.

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